Alors je suis allé voir « La la land » et depuis je suis avec… Maxence, Delphine, Andy, Solange et leurs chansons, bref à Rochefort. Les références et hommages du premier film sont si évidentes (et revendiquées) pour le second sans parler des « Parapluies ». Je ne fais plus un pas sans un léger « chassé » mental, je suis Chakiris, que dis-je Gene Kelly ! Mais pourquoi parler des « Demoiselles » alors que je devrais parler du dernier film de Damien Chazelle, tout trempé par la pluie de Golden Globes sans parler de l’orage tropical des nominations des Oscars ? Et bien parce que le film de Demy est une pure merveille et celui de Chazelle un très bon divertissement. Il y a une différence quand même.

La première scène est magistrale de chorégraphie et de cadrage (petit bémol sur la lumière qui aurait mérité meilleur traitement). Les personnages sont en place. Evidemment cela se passe mal au départ (il faut bien des obstacles !). Mais ensuite ça va mieux, nettement mieux, et puis à la fin… De toute façon on n’est pas très surpris du dénuement là aussi remarquablement filmé dans l’évocation de ce qui aurait pu se passer. Entre les deux manquent tous ces airs qui ont fait passer les films de Jacques Demy à la postérité et qui déclinent si bien le thème musical principal. Et puis les personnages auraient peut-être mérité plus de profondeur. Alors pourquoi tous ces honneurs pour un film qui pourrait bien tout rafler fin février à Los Angeles ? Tout d’abord parce que Damien Chazelle, après le succès de « Whiplash » a eu les moyens de faire un bon film, ensuite parce que les références au genre des grandes comédies musicales américaines abondent enfin parce que c’est un « feel good movie » et qu’il arrive à point nommé avec ses repères (qui pour beaucoup doivent être d’ailleurs assez vagues) à base de jazz, de claquettes et de cinéphilie. Alors on ne va pas bouder son plaisir mais peut-être pas non plus crier au génie.
