Vous raconter l’histoire de “La mise à mort du cerf sacré” ? Certainement pas. Hormis ce que l’on comprend aisément. Un homme doit sacrifier un membre de sa famille pour sauver le reste de la famille. Nous sommes là clairement dans une tragédie grecque où l’on s’attend à voir débarquer Iphigénie… Voilà pour l’histoire, sauf qu’elle repose sur une intrigue dont il nous manque quelques éléments notamment sur la manière d’exercer la vengeance qui sous-tend le film… Qu’importe, même Yorgos Lanthimos, le réalisateur, (“The Lobster” il y a deux ans c’était lui) n’a pas d’explications comme il l’a expliqué en conférence de presse : “vous ne comprenez pas vraiment pourquoi, mais… moi non plus”. Il préfère faire état d'”explorations” tout comme d’ailleurs Nicole Kidman qui partage l’affiche avec l’acteur fétiche de Lanthimos Colin Farrell.
Et pour ce qui est des explorations pour mettre en scène une tension dramatique dès le début du film, Yorgos Lanthimos est particulièrement doué. A coup de violons dissonnants et d’une caméra qui fait la part belle à de lents et forcément dramatiques travelling avant on sait que le bonheur parfait de cette famille américaine aisée est de courte durée. Quelques huées en fin de projection… je me demande encore pourquoi. Peut-être ce malaise laissé en chacun de nous, ce qui me laisse dire que Lanthimos a réussi son pari dramatique. Une palme ? Pourquoi pas. J’allais oublier une mention spéciale (et toute personnelle) aux enfants acteurs qui sont absolument remarquables.
