Opéra : un interminable “Enlèvement au sérail”

Que cela fut long d’aller jusqu’à la preuve de grandeur d’âme du pacha Sélim transformé en propriétaire de club viennois des années 30… Les spectateurs de l’Opéra confluence d’Avignon ont dû s’armer de patience.

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Une oeuvre de Mozart en elle même n’est ni courte ni longue. Elle est. Son génie se suffit à lui même. Non, ce qui peut être long c’est une interprétation… une mise en scène. C’est ce qui nous est arrivé lors de la représentation (la deuxième) de L’enlèvement au Sérail donné à  l’opéra d’Avignon. Dans cette belle et démocratique salle de l’Opéra confluence (dont une plaque du toit commence d’ailleurs à avoir du jeu quand le mistral souffle fort…) nous étions donc partis pour trois heures mozartienne (entracte compris).

Rien à dire sur les très belles voix qui ont accompagné notre voyage. Heureusement que Katharine Dain (Konstanze), Elisa Cenni (Blondchen), Blaise Rantoanina (Belmonte) et Cesar Arrieta (Pedrillo) étaient là sinon on perdait la moitié de la salle à l’entracte, au moins !

Même la mise en scène (on aura compris que le problème vient de là), qui a été signée par Emmanuelle Cordioliani, comporte des propositions intéressantes. La transposition de l’action du palais du pacha Selim, en Turquie au XVIIIe siècle au cabaret viennois des années 30 « Le Sérail » a pu représenter un certain attrait. Mais cela n’a suffit. Du coup on se retrouve avec beaucoup de choses allant de la marionnette à des ombres chinoises en passant par du ballet (un peu léger d’ailleurs le ballet) qui sont simplement mis bout à bout (je sais c’est le principe de la mise en scène) mais sans rythme et sans liant. Les propositions tombaient à plat et du coup il fallait relancer toute la machine. A coup de secondes perdues par ici et par là on se retrouve avec un opéra de 3 heures et demi (entracte compris) contre les trois heures proposées (toujours entracte compris) sur le programme. Une demi heure de plus de Mozart, personne ne s’en plaindrait… mais là cela a vraiment été difficile.

Philippe Mathieu

 


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