“Le meilleur de moi même”… et le pire d’une époque !

La série “Le meilleur de moi même” écrite et interprétée par Blanche Gardin dynamite la bien pensance d’une époque bien nombriliste

Blanche Gardin

D’abord la forme : un faux documentaire à la méthode de “The Office”. On peut parfois distinguer l’équipe de tournage dans les reflets des miroirs et la caméra est régulièrement prise à témoin. Du coup on se retrouve encore plus impliqué et plus proche de cette Blanche Gardin qui joue son propre rôle. Sauf qu’elle veut arrêter la scène pour… problème digestif et qu’il est vraiment temps pour elle d’emprunter un “chemin de lumière” et de de venir une “belle personne”.

Ensuite le fond : celui de notre époque, ou plutôt des extrêmes de notre époque. Blanche Gardin en prend un bille en tête. Celui que l’on pourrait appeler de “l’extrême bio”. Tout un monde qui repose sur des dizaines de postulats derrière lesquels se cachent bien souvent des escroqueries. Rien ne lui échappe : de la “chirurgie spirituelle” à “l’eau dynamisée” en passant par les “cercles de louves” à 1200 euros les deux jours (jeûne compris)… 

Objectif : devenir une “belle personne”. Et elle y arrive, doit-elle virer sa “femme de ménage”. Mais c’est pour son bien parce qu’en tant que femme elle ne veut pas exploiter une autre femme. Pareil pour son assistant personnel qui présente l’inconvénient d’être un homme et comme le dit sa “chamane-chirurgien-prestidigitatrice”, il y a beaucoup trop de yang autour d’elle. Au fait c’est son frère qu’elle vire…

On sent que le sujet lui tient à coeur. Dans “Problemos” (film prémonitoire sorti en 2017 où l’on parle, entre autres, de pandémie…) qu’elle a co-écrit elle dénonçait déjà cette bienveillance forcée dans une communauté post new-age du sud de l’Ardèche. Le parti pris était celui de l’humour et les cibles parfois un peu grosses mais le but était atteint. 

Blanche Gardin continue de creuser ce filon. Cette fois le rire est souvent remplacé par la gêne de voir, étape par étape, ce personnage en train de vriller en partant d’une séance de yoga vers un climax que je ne dévoilerai pas… A noter la remarquable prestation de Louis CK qui là aussi joue son propre rôle et dont on partage le désarroi devant le naufrage de sa compagne. 

Alors oui Blanche Gardin y parvient elle est “une belle personne” mais une belle personne pour elle-même… 

Ph.Mt.


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