Covid/Variole : quand les réticences traversent le temps 

A 250 ans d’intervalle, la même défiance par rapport au progrès de la médecine de la part de… médecins

L’histoire est pleine d’enseignements, dommage qu’ils soient systématiquement oubliés… En faisant des recherches sur un tout autre sujet que celui de cet article je constate dans la presse de…. 1764 (et notamment dans Le Courrier d’Avignon qui était un des grands journaux de langue française de l’époque… et qui échappait à la censure royale) que l’on évoquait alors beaucoup “l’inoculation”. Je me penche donc sur cette question pour découvrir qu’il s’agit d’un procédé de traitement de la variole. 

Il suffisait alors de mettre en contact un sujet en grattant la peau avec de la substance prélevée sur une personne faiblement atteinte. La variole (ou petite vérole) faisait alors des ravages. Au XVIIIe siècle, environ 95 % de la population française est touchée par cette maladie, et un décès sur dix est dû à celle-ci (dont celui du roi, Louis XV). 

La France s’est montrée réticente à l’inoculation, La Condamine s’est battu pour son introduction, donnant en 1754, 1758 et 1765 trois mémoires à l’Académie des sciences sur le sujet. Mais visiblement cela ne suffisait pas. 

Je ne résiste pas à retranscrire un article paru le 16 novembre 1764 “L’inoculation s’ennoblit dans le royaume & y tient rang entre les modes les plus accréditées parmi ce qu’on appelle le beau monde. Ce serait donner au public une trop longue liste de noms illustres, que de lui nommer, quand on le pourrait, toutes les personnes titrées qui se font actuellement inoculer (…) mais la faculté de Médecine, moins décidée, hésite encore à lui donner les siens, et plusieurs de ses membres s’y opposent.

La variole a été déclarée éradiquée en 1980, grâce à une campagne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) combinant des campagnes de vaccination massive, dès 1958, avec une « stratégie de surveillance et d’endiguement », mise en œuvre à partir de 1967.

Ph.Mt.


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