Comment j’en suis arrivé sur cet extrait de l’Ina déniché par la chaîne LCP ? C’est une bonne question. En tout cas s’il fallait une preuve que la télévision n’a pas attendu son apogée pour se vautrer dans les poubelles de la sensiblerie la voici. Spoiler alert il y a un twist à la fin de cet article




L’émission s’appelait “Du rêve à la réalité” et elle remonte à… 1963 (quelle époque !) Elle était produite par Roger Bourgeon (lequel n’a pas laissé un souvenir impérissable sauf que c’est lui qui était aussi à la tête d’une émission qui consistait à envoyer de jeunes reporters autour du monde, seule “contrainte” raconter leur voyage en image. Cela s’appelait “La course autour du monde” et je rêvais de faire partie des ces globe-trotteurs). Mais revenons au début des années soixante. Sur le plateau trois jeunes candidats à la réalisation de leur rêve. Parmi eux la jeune Monique, une orpheline qui aimerait bien passer les fêtes de fin d’année dans la chaleur d’un foyer d’une famille bienveillante (sauf qu’on n’employait pas ce mot à l’époque…). On demandait ensuite aux téléspectateurs d’appeler et de voter pour le rêve qu’ils préféraient voir accomplir.
Monique l’avait emporté. Mais l’émission ne s’arrêtait pas là. Dans un deuxième volet on voyait cette très jeune femme dans la “chaleur” (le mot ne s’imposait pas vraiment) d’une famille bourgeoise et guindée qui, passées ces “vacances de rêve” en était restée là. La séquence tournée dans la famille estrêmement gênante. Tout ceci a été expliqué bien des années plus tard dans une émission de LCP qui a retrouvé les protagonistes dont Monique.
La télévision en tant que telle, c’est à dire un fil d’émissions que l’on regarde sans maîtrise, sauf celle de suivre un autre fil en changeant de chaîne, n’est plus un modèle d’avenir. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’on ne consomme plus des contenus audio visuels, bien au contraire. Ce sont les vecteurs qui ont changé. Ce qui est étonnant avec la télé c’est qu’elle a glissé vers la téléréalité au tout début des années 2000 pour en faire un genre (celui d’inconnus qui ont quelque chose à défendre et qui sont évalués par leurs pairs tout aussi inconnus). Le “quelque chose à défendre” peut être de l’argent, un mariage, une location de vacances, un couple… rarement une réputation. De toute façon le genre s’essouffle tout comme la télé dont l’âge moyen des téléspectateurs est bien supérieur à l’âge moyen des Français.
Dans l’émission de LCP qui a retrouvé Monique, cette dernière raconte que cette famille d’accueil n’était finalement pas très accueillante, “Du rêve à la réalité’ lui avait pourtant permis de rencontrer d’autres personnes qui par la suite l’avaient véritablement aidée.
Cette “mère d’adoption” médiatisée n’était pas tout à fait une inconnue en tout cas à l’époque. Il s’agissait de Michèle Alfa dont la renommée a aujourd’hui totalement disparu. Elle fut pourtant une très grande star du cinéma dans les années 30/40 et sa carrière s’est interrompue à la fin de l’occupation. Période pendant laquelle elle a été la maîtresse de Bernhardt Rademecker. Un officier de la Wehrmacht, neveu de Goebbels et responsable des théâtres parisiens et de la section cinéma dans le service chargé de la propagande et du contrôle de la presse et de l’édition française. Je n’ai pas trouvé d’autres informations sur le personnage qu’une mutation sur le front de l’Est. Elle l’avait connu avant guerre lorsqu’il était trompetiste de jazz à Pigalle (quelle époque ! bis). Il aurait “protégé des artistes juifs tel le comédien Henry Murray, père d’Anouk Aimée“. Je ne trouve aucune autre information à ce sujet si ce n’est la même phrase recopiée de sites en sites.
Ph.Mt.
