
Enfin un film qui promettait (je sais, ça spoile un peu de commencer ainsi une critique mais ne vous y fiez pas) ! D’abord le casting. Rien à redire, Joaquin Phoenix, Pedro Pascal et Emma Stone. Le tout dirigé par Ari Aster (que je ne connaissais pas jusque là) et qui, en vérifiant bien a été l’un des chefs de file de “l’elevated horror”. Rien d’étonnant alors à un certain étalage en premier plan (voire en amorce) de cervelle explosée à coup de différents calibres. Mais ne nous arrêtons pas forcément là. Le film se passe au Nouveau Mexique, en plein Covid, dans la petite ville pas si imaginaire que cela de Eddington. En toile de fond, la mauvaise tournure que prend la prochaine élection municipale, quand le shérif local (Joaquin Phoenix) décide de briguer la place du maire en place (Pedro Pascal).

Eddington c’est le genre d’endroit où on trouvera beaucoup plus facilement une armurerie qu’une librairie. On pourrait être dans la Rust Belt, dans l’Oklahoma, ou dans le West Virginia, dans un de ces coins de l’Amérique où on a voté Trump à tour du bras, en se demandant, avant de passer à autre chose, pourquoi il est si difficile de publier le dossier Epstein. Où on pense que tout le problème vient des élites de la capitale fédérale, où l’on croit que c’était mieux avant (sans pour autant donner plus de précision sur cet “avant” très disparate d’une personne à l’autre. Un peu comme de ce côté-ci de l’Atlantique.
Pour cette toile de fond, c’est comme si le réalisateur, et auteur, et producteur avait voulu tout condenser en 148 minutes. On a donc un data center qui doit être installé dans ce coin perdu de l’Amérique qui aurait bien besoin de ces emplois, les libertés individuelles “menacées” (port du masque en plein covid…) et Premier amendement mis en avant, les ports d’arme (Deuxième amendement, rassurez-vous on ne va pas passer en revue tout le Bill of Rights), les manifestations Black Lives Matter, les violences policières, les complotismes en tout genre, les évangélistes, les pédophiles qui achètent les enfants à tour de bras, le racisme contre les noirs, contre les Indiens… C’est beaucoup. A force de trop dénoncer on passe à côté de son objectif. Et ça manque, un peu, de subtilité. Et s’il fallait répondre à la question : qu’est ce que cette Amérique au delà de tous ces clichés ? Je n’en ai pas la réponse. Un peu comme le personnage principal qui demande en constatant un certain emballement des faits : “Comment en est on arrivé là ?”. Bonne question.
La distribution, très personnelle, des étoiles : de 0 à 5
Utilisation d’un Fusil mitrailleur la nuit en sortant de l’armurerie qu’on vient de braquer : ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
Sincérité narrative : ⭐️
Tête explosée en premier plan ⭐️⭐️⭐️⭐️
Volonté de dénoncer l’Amérique trumpiste ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
Clichés sur l’Amérique trumpiste ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
Jeu de Joaquin Phoenix ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
Aller voir le film ⭐️⭐️

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