“Nuremberg” : de la difficulté du genre du film historique

Faut-il aller voir Nuremberg de James Vanderbilt ? C’est ce que je pensais et… j’ai vu le film.

Au delà du procès intenté par les puissances alliées contre 24 des principaux dignitaires nazis, accusés de complot, crimes contre l’humanité et autres crimes de guerre, le film suit la relation qui s’établit entre le principal accusé, Herman Goering (Russel Crowe) et Douglas Kelley (Rami Malek) le médecin qui a supervisé les expertises psychiatriques des accusés. En toile de fond intervient un des procureurs (Michael Shannon), dans un premier temps, pour l’élaboration de ce procès qui redéfinissait des notions de droit (crimes contre l’humanité, extraterritorialité…) et ensuite dans sa volonté de “coincer” le principal accusé, Goering, en l’absence de l’initiateur du Reich qui devait durer 1000 ans et qui s’est fait sauter le caisson 12 ans après avoir accédé au pouvoir par une toute petite porte ouverte par les libéraux de l’époque.

Donc : la relation entre Goering et le “shrink”. Il y a quelque chose de gênant dans leur sorte de complicité que l’on voit naître. C’est sûr, le numéro 2 du régime était un personnage complexe ; à la fois ridicule, fanfaron, populaire et redoutable, riche après avoir été ruiné (cela vous rappelle quelque chose ?)

Le problème c’est le genre même du film : une fiction inspirée de faits réels. Si on rajoute à cela l’excellence des acteurs cela vient encore brouiller les pistes. Et on voit bien le psy succomber aux charmes de son patient (avant de se reprendre ne vous inquiétez pas) jusqu’à se transformer en courrier entre Goering et sa femme qui passerait aussi presque là pour une pauvre victime. En la matière rien ne vaut un documentaire, je le dis et le redis. Bien sûr, les documentaires prennent un angle, répondent à une intention. Je ne veux pas dresser les uns contre les autres. Mais, c’est finalement le principe même du genre de ce film qui montre ici ses faiblesses. Du coup on ressort de là déçu et sur sa faim ou tout au moins avec l’envie d’en savoir plus sur ce procès et sur Goering. C’est déjà ça. 


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