Guerre au Proche-Orient et exercices de communication à l’Élysée

Je ne sais pas qui finalement est dupe de la mise en scène. Cette fois-ci, Emmanuel Macron a décidé de parler depuis son bureau, pas d’ordi mais des dossiers en pile, plus quelques médailles ou autres macarons. Le message est clair : “c’est la guerre et moi je bosse, je suis sur le front“. Du coup on n’écoute pas tout le temps à force d’essayer de voir ce qu’il y a sur le bureau ou sur la table derrière.

Cette fois le président semble avoir pris la mesure d’un renversement de régime dictatorial. Après la mollesse qui a suivi l’enlèvement de Maduro, cette fois l’exécutif français est clair “aucun bourreau de son peuple sera regretté” il aurait pu ajouter “de son peuple et d’autres” étant donné tout ce que l’Iran a commis par l’intermédiaire de ses proxys sur d’autres peuples y compris contre la France.

Il a donc voulu faire le point auprès des Français quant aux moyens engagés. Pour une fois on a eu droit à une carte avec nos bases au Proche-Orient, il a même mentionné la FINUL au Sud-Liban. A ce sujet il a haussé la voix “Le Hezbollah doit impérativement cesser toute frappe et j’appelle Israël à respecter le territoire libanais et son intégrité…” Je pense que ni le Hezbollah qui a repris ses attaques sur le nord d’Israel, ni Israel qui a de nouveau créé une zone tampon sur le territoire libanais, au nord donc de sa frontière septentrionale, ne vont écouter les menaces françaises. Mais c’est dit.

Et de poursuivre en listant les moyens français déployés dans le cadre d’ailleurs d’une coalition. Objectif : “sécuriser le détroit d’Ormuz” actuellement fermé sous les menaces iraniennes. Dans ce détroit de 33 kilomètres de larges transitent 20% des hydrocarbures mondiaux.

La veille, Macron avait fait le déplacement jusque sur l’Ile longue, en fait j’étais parti pour vous parler de ça. Là aussi en mode “chef de toutes les armées” il a été question de notre force de dissuasion et de la redéfinition de notre doctrine avec notamment une possibilité de coopération avec d’autres pays européens. En mode “Pour être libre il faut être craint. Pour être craint il faut être puissant” l’Elysée avait là encore fait de la com mais cette fois avec quatre chasseurs Rafales qui escortaient l’avion présidentiel.

C’est vrai que ça claque mais ça masque à peine un retard de l’armée de l’air qui ne compte que 135 Rafales et des pilotes qui ne réalisent que 160 heures de vols réels (sans simulateur donc) par an. Pour info le standard Otan c’est 180 heures. Mais là en terme de communication c’est moins bon.


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