Les infos TV, cible favorite d’Adam McKay

Connaissez-vous la fabuleuse histoire de Ron Burgundy ? Depuis une bonne quinzaine d’années le personnage, qui s’est fait connaître comme présentateur vedette d’une télévision de San Diego est devenu culte. Mais pas vraiment en France, en tout cas cela a pris du temps, trop de temps… explications.

(Left to right) Will Ferrell is Ron Burgundy and Christina Applegate is Veronica Corningstone in ANCHORMAN 2: THE LEGEND CONTINUES to be released by Paramount Pictures..A2-19097

En 2004 un jeune réalisateur Adam McKay (pur produit du Saturday Night Live) présente “Anchorman: The Legend of Roy Burgundy” (titre français “Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy”). 

Et oui, ce même Adam McKay qui vient de signer “Don’t look up” et c’est aussi pour cela qu’on parle de Ron. 

Il s’agit donc du présentateur d’une télé locale assisté de trois journalistes spécialisés dans le reportage, les sports et la météo et… tous aussi crétins, machos, immatures et… mauvais journalistes les uns que les autres. On est dans les années 70, et ce machisme à tous les étages doit affronter une menace inattendue guidée par la “diversité” soit, l’arrivée d’une co-présentatrice aux dents longues. 

Alors on est bien d’accord, cette production Apatow est parfois bien lourde et bien scato mais elle a le mérite de dénoncer à la fois le machisme, la connerie ambiante et la vacuité des JT alimentée par la course à l’audimat. Pour beaucoup les ficelles étaient bien trop grosses et Will Ferrel (Ron Burgundy) n’a jamais vraiment été apprécié de ce côté-ci de l’Atlantique. D’ailleurs les critiques (celles qui se pinçaient du nez en dénonçant les grosses ficèles) étaient les mêmes quand est sorti le premier volet des OSS 117 “Le Caire nid d’espions” sorti deux ans après “Anchorman” et dont on peut légitimement penser que quelques idées ont été… adaptées (comme la virtuosité à la flute traversière ou au Oud). 

Neuf ans plus tard, le même Adam McKay remet le couvert avec un deuxième volet “Anchorman 2: The Legend Continues” (Légendes vivantes). Cette fois avec la même bande (Will Ferrel, Christina Appelgate, Paul Rudd, Steve Carell —exceptionnel en présentateur météo du haut de son QI de 48 et David Koechner sans parler d’une impressionnante liste de guests) ils dynamitent les chaines d’info en continu. 

Les ficelles sont toujours aussi grosses et l’analyse… toujours aussi fine. Pour faire exploser l’audimat la bande décide non seulement de ne plus aborder les infos par définition ennuyeuses mais de donner aux gens… ce qu’ils veulent voir. Il fallait y penser. Du coup on parle de météo (seule obligation filmer le présentateur en extérieur dans le vent si possible) de sport (mais on ne montre que les buts), des animaux et des courses poursuites filmées depuis l’hélico de la police. Et comme le présentateur en fait des caisses sur l’Amérique à la sauce Donald Trump (qui n’avait pas encore été élu) autant dire que le concept marche. 

Si on n’avait pas vu ce deuxième volet c’est… parce qu’il n’était pas sorti en salle en France (visiblement on est trop stupides pour capter le second degré américain un peu lourd, en revanche on peut-être abreuvés de films français qui n’ont eu comme mérite que les aides du CNC mais c’est un autre débat). 

Si je vous parle de tout cela c’est tout d’abord pour vous inciter à voir ces films (et ne me dites pas qu’ils sont lourdingues je vous ai déjà prévenus), pour que vous voyez évoluer une des cibles privilégiées d’Adam McKay : les informations à la télé (au fait petite question : avez vous déjà appris quelque chose en regardant une chaîne d’info en continu ?). Il en remet une sérieuse couche dans son dernier opus de déni cosmique avec le tandem de présentateurs hyper formatés qui n’écoutent pas leurs invités joués par Cate Blanchet et Tyler Perry. Et honnêtement quand on voit comment le média de la télévision maltraite l’info, cela fait vraiment du bien. Comme je l’ai dit dans la critique de “Don’t look up” pas sûr que cela ait beaucoup d’impact mais au moins Adam McKay aura essayé. 

Au fait petite question : qui a dit au sujet des journalistes : “Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie en mettant dans la balance son crédit, son honneur, sa vie.” N’hésitez pas à envoyer vos réponses. 

Ph.Mt


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