
Alors je suis allé voir Gladiator 2. Autant le dire tout de suite je n’étais pas allé voir le premier volet sorti il y a déjà une génération d’adeptes de blockbusters. Avec mon regard innocent de spectateur de peplum je plonge tout de suite dans un combat naval à base de versions antiques de feux grégeois qui consistent à faire cramer l’adversaire. Tout de suite on voit que les Romains emmenés par le charismatique général Marcus Acacius (Pedro Pascal) vont prendre le dessus (comme le disent les commentateurs sportifs) sur un autre chef charismatique, au moins dans le scénario, Lucius (Paul Mescal).
Et assez rapidement, on comprend où tout ceci va nous mener. On sait que le second charismatique sera emmené à Rome pour servir en tant que Gladiateur, Vae Victis…. En plus de cela, à cette époque, le fait de trainer dans les vomitoires du Colisée n’est pas une situation d’avenir. Les empereurs (purs personnages wokistes comme pourraient l’imaginer un américain du fin fond des états rouges) sont les deux frères Caracalla et Geta, de bien sinistres et sanguinaires personnages. Sans parler d’une éminence grise Macrinus (Denzel Washington) qui reprend le role de Darmon dans “Astérix et Obélix : mission Cléopâtre” (mais je vois que je me suis égaré).
Sauver le soldat Lucius
Bref, l’ennui c’est qu’on voit que tout ce petit monde n’y croit guère, au delà des incohérences de scénario. Alors c’est vrai que les effets spéciaux nous ont produit des animaux improbables, qu’on découvre qu’un rhino n’est qu’un paisible (mais énorme) cheval de trait et que les requins tigres se sont invités dans une naumachie coliséenne. Visiblement Ridley Scott doit encore être du style à employer la métaphore “une mer infestée de requins”. On passera aussi sur les anachronismes tellement américains mais bon on n’était pas là pour un documentaire historique.
On ne dispose de rien pour sauver le soldat Lucius dans ce péplum qui a couté une blinde (d’un budget initial de 165 millions de dollars on serait passé à près de 250). Mais qu’à cela ne tienne. Le démarrage du film a été surprenant en dehors des Etats Unis où il n’est pas encore sorti. Du coup la Paramount pourrait bien rentrer dans ses frais. En fait ce type de cinéma c’est un peu comme les mensonges en politique lors d’une campagne des élections présidentielles aux Etats Unis (ou ailleurs), ça marche !
