“À l’aube de l’Amérique”, de la sueur, des larmes et du sang… beaucoup de sang

“À l’aube de l’Amérique” (American Primeval) est la série dont beaucoup parlent en ce moment, il a donc bien fallu se rendre compte par soi-même

“À l’aube de l’Amérique” (American Primeval) est la série dont beaucoup parlent en ce moment, il a donc bien fallu se rendre compte par soi-même. Une mini série, six épisodes, on est en 1857 dans l’Ouest américain et ça se télescope. On a donc des mormons méchants qui cherchent à s’implanter avec leurs propres règles qui sont assez éloignées des règles fédérales (même à cette époque), des mormons gentils qui veulent s’installer dans l’Utah, des Indiens gentils qui veulent simplement vivre sur les terres que leur ont confié leurs dieux, des Indiens méchants qui veulent aussi  vivre sur leurs terres mais qui négocient avec les plus offrants (les méchants), des militaires gentils qui sont simplement là pour renforcer le pouvoir fédéral sur des adeptes de l’église de Jesus Christ des saints des derniers jours, des militaires traites (aussi méchants), une gentille mère et son fils qui sont en fuite parce qu’elle (la mère) est poursuivie pour homicide, des chasseurs de primes qui poursuivent la mère (très méchants sauf un mais ce n’est pas très clair) un guide survivaliste (méchant mais on voit bien dès le début qu’il est gentil) et je dois en oublier. 

C’est manichéen ce qui n’est pas une nouveauté pour le genre du western (et bien d’autres) et on aurait pu s’attendre à autre chose notamment quand la série est présentée comme une nouvelle version des histoires de l’ouest. On peut rajouter aussi beaucoup d’hémoglobine en tous genres (crânes éclatés, scalp recousu, fracture ouverte, égorgements, sans parler des très nombreux animaux découpés en gros plan tout au long de la série…). C’est violent à souhait, tout le monde s’accorde pour que l’époque n’était pas connue pour être tendre (d’autant plus que le film s’inspire du massacre bien réel de Mountain Meadows) mais on sent une certaine complaisance pour le passage de vie à trépas. 

On rajoute à tout ça un jeu d’acteurs plutôt bon, une reconnaissance très new age des bienfaits de la vie naturelle des indiens, une colorimétrie à base de désaturation et de contraste poussé pour faire genre époque et des caméras à l’épaule qui bougent beaucoup trop pour être honnêtes (même quand elles ne le devraient pas). On se retrouve avec une série Netflix très attendue mais qui ne mérite donc pas forcément le détour… Dans un registre assez similaire j’avais nettement préféré “1883“.

Ph.Mt


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