Une nouvelle rubrique : “Oldies” avec une critique express (ou pas) de ces films qui ont compté pour une raison ou pour une autre. Ces films dont on se souvient très bien de ce moment où on les a découverts et de l’importance qu’ils ont eu dans nos vies. On commence avec ce girl power classique “Thelma & Louise” de Ridley Scott

J’avais vu le film à sa sortie au ciné. Une paille (plus personne ne dit une paille)… C’était en mai 1991. Je viens de le revoir, là. Ce fabuleux film devenu culte depuis. J’en avais pris plein la tête et les yeux alors. Un road movie, un western, une quête impossible, une amitié à la vie… à la mort. Et les deux héroïnes ! On est pris à témoin de leur évolution que dis-je de leur libération. De deux femmes américaines formatées et à l’avenir morne bien tracé à deux cowgirls qui n’ont plus peur de rien, pas même du grand saut dans le Grand Canyon. Un grand renversement diversement apprécié à l’époque (surtout aux US) pour le manifeste féministe qu’il a représenté.
Je ne vais quand même pas faire l’impasse sur ma gêne quand le trait est un peu trop épais notamment dans cette scène où Thelma enlève ses bijoux qui la rattachaient encore à son passé. Même scène lourdingue d’ailleurs dans Easy Rider où Wyatt jette sa montre.
Des détails malheureux qui égratignent à peine le parcours initiatique des deux héroïnes dont le point de bascule sera une tentative de viol sur un parking. Sauf que cette fois, les victimes changent de place, et de sexe.
Brad Pitt, Thunderbird 66 et Chris Whitley
Le tout filmé par Ridley Scott, et quoi de mieux qu’un Européen pour inscrire cette cavale/affirmation dans une Amérique en CinémaScope. Les références nous sautent aux yeux. La scène où Susan Sarandon et Gina Davis sont assises en symétrie sur les rebords du magnifique cabriolet vert avant de régler son compte à ce gros lourd de routier est inscrite au panthéon des scènes iconiques du cinéma américain. On est avec elles. Vraiment avec elles, et c’est uniquement pour cela qu’on ne s’identifie pas au très jeune et très inconnu à l’époque Brad Pitt dont le personnage précipitera les héroïnes dans l’au-delà. Moi j’étais comme certains producteurs du film qui ne voulaient pas cette fin. En tout cas je n’ai jamais compris pourquoi le flic (Harvey Keitel) qui a tout compris depuis le début ne part pas en courant vers elles ! Parce que l’interruption de cette liberté même en image arrêtée sur la Ford Thunderbird 1966 laisse un goût amer. Et bien sûr, une mention pour la BO et cet envoutant “Kick the Stone” redécouvert de Chris Whitley
Ph.Mt.
