La séquence a largement circulé. On y voit le Premier ministre se prendre les pieds dans le tapis. Non pas une fois mais à plusieurs reprises. Est-ce grave ? En soi, non. Ce qui est édifiant en revanche c’est la servilité qui a rarement été le ferment d’une bonne gouvernance. Explications
On fait tous des erreurs. Et parfois de grosses bourdes. Mais il faut avoir la chance d’avoir un entourage qui nous rappelle à l’ordre. Si ce “dispositif” amical, social, familial, ou dans le cadre du travail n’existe pas cela peut être assez désolant.
Cette grossière erreur dont on parle ici a été partagée et détournée des dizaines des centaines de fois. Bayrou s’emmêlent les pinceaux entre galaxies, système solaire, univers. Soit. Mais il insiste, et de se répéter, de trouver un exemple de vulgarisation à destination de ceux qui… de qui au fait ? Et, peut-être un éclair de lucidité, je pencherai plutôt pour un excès de suffisance, ne l’entend-t-on pas dire : “Si je me trompe vous me le direz !” et bien non personne n’a dit quoi que ce soit. Rien.
Les hurlements silencieux
Même pas un respectueux et discret : “vous voulez dire univers, monsieur le Premier ministre“. Non on ne dit rien. Et c’est rare d’avoir une preuve aussi tangible de la faiblesse d’une gouvernance. J’en vois certains qui trouvent que je vais beaucoup trop loin. Pas tant que cela. Je pense qu’on reconnaît les grands hommes, et les grandes femmes, dans la façon dont ils savent s’entourer par autre chose qu’une cour servile. Cela se voit très bien en politique (dans nombre de collectivités), dans les partis politiques, dans les entreprises… Quand on se retrouve avec ces cours (surtout en fin de mandat en ce qui concerne les politiques) ce n’est jamais très bon. Les bonnes décisions sont rarement celles qui sont prises même si le sens commun hurle aux décideurs de ne pas s’aventurer dans cette direction. Il faut dire, vous l’aurez compris que ces hurlements sont silencieux. Les taiseux et beni-oui-oui sont préférés aux autres.
Ph.Mt.
